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dimanche 7 juillet 2013

Episode 2 et 3 ou comment les français ont fait halluciné Esteban

ATTENTION !
L'extrait de la version japonaise de cet article n'est pas tiré de la version originale diffusée en 1982 au Japon. Il provient de la version japonaise de 1998 dont la bande son a été réenregistrée. 
En ce qui concerne un des extraits de cet article, on peut noter une légère différence entre les deux versions. Elle est relevée dans l'article.

Quand les français sont arrivés sur le projet des Cités d'Or, les japonais étaient déjà en train de produire 6 épisodes de la série.
Les français ont retouché le montage de ces épisodes.


Nous avons déjà vu les cliffhangers disparus des épisodes 1, 4 et 5, les scènes coupées de l'épisode 1 et celles de l'épisode 4.
 
Dans cet article, nous allons aborder les derniers changements de montage dont je n'ai pas encore parlé. Vous vous souvenez que les français avaient faire des hallucinations à Esteban et Zia à la fin de l'épisode 1 (article sur les cliffhangers). Nous allons voir qu'ils ont de nouveau fait halluciner Esteban dans les épisodes 2 et 3.


Dans l'épisode 2, Esteban a le mal de mer.

Pour leur adaptation française, les français ont fait faire aux japonais une scène pour matérialiser ce malaise.
Comme vous pouvez la revoir grâce à vos DVDs, je me contenterais de l'illustrer par ces quelques captures d'écrans :


 
Cette scène commence par la sortie de la cabine d'Esteban. Ensuite, le personnage s'envole, le plancher du bateau se transformant en arc-en-ciel. Puis, Esteban survole une cité inca. Enfin la lumière éblouissante du soleil nous fait revenir à la réalité, face à un ciel étoilé.
 Cette scène psychédélique n'est pas présente dans la version japonaise.



Toujours dans l'épisode 2, Esteban voit la mer devenir jaune.

Pour leur adaptation française, les français ont fait faire aux japonais une autre scène supplémentaire.
Comme la précédente, je vous invite à revoir vos DVDs.



On voit d'abord Esteban en gros plan. Puis, le jaune de la mer prend la forme de bâtiments d'or avant de redevenir un nuage informe.

Cette nouvelle scène d'hallucinations n'est pas présente dans la version japonaise.
Par contre, il faut préciser que par la suite, le jaune de la mer se révèle être des papillons jaunes dans la version japonaise et française.



Dans l'épisode 3, Esteban regarde à travers un hublot des paysages inquiétants.

Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder un extrait de l'épisode 3 :



Dans la version originale japonaise, Esteban est terrifié en découvrant des épaves de bateau. Il sait qu'il risque d'avoir le même destin.
Dans la version originale japonaise de 1982, quand Esteban rentre la tête dans ses épaules avec un air effrayé, il dit : "Ce sont des épaves".

Pour l'adaptation française, les françaises ont fait faire une nouvelle scène d'hallucinations. La peur d'Esteban ne vient plus d'un danger réel, représenté par les épaves, mais de son imagination qui lui fait voir des monstres au milieu des épaves.





Ce qui est intéressant, c'est de voir comment les auteurs japonais de la série ont traité la seule scène d'hallucination présente dans leur version. C'est une hallucination qui est aussi présente dans l'adaptation française.

Dans l'épisode 27, après que Tao ait parlé de la forêt de statue de terre, Esteban croit l'apercevoir.
Je vous invite à visionner cette scène grâce à vos DVDs.












Esteban écoute d'abord Tao, puis se tourne face à la jungle. Des images de jungle défilent. Puis, la caméra se fixe sur quelques arbres qui se mettent à bouger. Alors, en fondue, des statues de terre apparaissent et suivent le mouvement des arbres. On revient sur Esteban qui secoue la tête et regarde à nouveau les arbres. Les statues ont disparu.

On peut voir avec quelle prudence le réalisateur japonais, Ryo Tachiba, traite l'hallucination d'Esteban.
Par exemple, les arbres sont toujours visibles sous les statues. Ainsi, la vision en elle-même ne prend pas le dessus sur la réalité.  De plus, elle est très courte.
Enfin, le réalisateur nous montre bien qu'Esteban a conscience de "rêver". Le personnage se secoue la tête et voit que les statues ont disparu. Le téléspectateur pense donc que c'était juste un moment passager d'égarement du personnage.

Dans les épisodes 2 et 3, la façon de montrer les hallucinations d'Esteban est clairement différente. Les hallucinations sont plus nombreuses, plus fortes, plus longues et on ne voit pas le personnage en sortir. Ca peut laisser penser qu'Esteban a un problème. Car à part pour l'hallucination due au mal de mer, les autres restent inexpliquées. Esteban a-t-il des troubles de la vision ? Trop d'imagination ? Est-il envouté ?
En plus, par la suite, le personnage n'aura plus d'hallucinations (exception faite de l'épisode 27) et on peut aussi se demander pourquoi.
Bref, ce n'était pas forcément une mauvaise idée de créer ce genre de moments poétiques, mais, leur intégration au récit me paraît un peu maladroite.

mercredi 26 juin 2013

Episode 4 ou les scènes coupées par les français

ATTENTION !
Les extraits de la version japonaise de cet article ne sont pas tirés de la version originale diffusée en 1982 au Japon. Ils proviennent de la version japonaise de 1998 dont la bande son a été réenregistrée. 
En ce qui concerne un des extraits de cet article, on peut noter deux légères différences entre les deux versions. Elles sont relevées dans l'article.

 
Quand les français sont arrivés sur le projet des Cités d'Or, les japonais étaient déjà en train de produire 6 épisodes de la série.
Les français ont retouché le montage de ces épisodes.

Nous avons déjà vu comment ils avaient supprimé les cliffhangers au profit de fins heureuses et les scènes qu'ils ont coupés ou remonté dans le premier épisode.
Dans cet article, nous allons voir les changements qu'ils ont effectué sur l'épisode 4.

Dans cet épisode, l'Esperanza coule. Mendoza se rend dans la cale du bateau pour sauver Esteban et Zia qui y ont été enfermés. Les français ont coupé un morceau de cette scène de suspense.

Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder un premier extrait de l'épisode 4 :


Dans la version originale japonaise, une voie d'eau se déclare. Esteban l'a signale, mais il est trop tard et Mendoza et Gaspard sont emportés par le courant. Esteban tente tant bien que mal de retenir Mendoza. A l'extérieur, le commandant Gomez attends son second Gaspard, mais pressé par le temps, il finit par l'abandonner. Enfin, un plan nous montre que Mendoza s'en est sorti.

Dans l'adaptation française, il y a une petite erreur : Esteban ne signale plus la voie d'eau, mais la remontée de Gaspard sur le tonneau. Les plans coupés concernent Mendoza. Il n'est plus emporté par le courant et Esteban n'essaie plus de le retenir. Du coup, les télespectateurs très attentifs se seront peut-être demandés pourquoi Mendoza ressort la tête de l'eau. Mais surtout, cela réduit le suspense de la scène, Mendoza n'étant plus en danger.
On ne voit pas non plus Gomez hésité à partir. C'est dommage car cela montrait son attachement à Gaspard, qui bientôt ne le quittera plus.




Après que l'Esperanza ait coulé, les personnages se retrouvent sur un radeau à la dérive.
Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder un montage de 2 extraits de l'épisode 4.
Dans le premier extrait, Zia confie un secret à Esteban qui, par maladresse, risque de réveiller Sancho et Pedro.
Dans le deuxième extrait, Esteban appelle Mendoza. Sancho et Pedro se réveille cette fois.
Voici le montage :


Dans la version originale japonaise, Sancho fait visiblement un rêve érotique. C'est drôle car il enlace Pedro comme s'il était une femme. Ca l'est tout autant de voir, un peu plus tard, les deux espagnols surpris de se réveiller dans les bras l'un de l'autre.
Les auteurs japonais ont très bien utilisé cette situation pour nous faire rire deux fois.
Dans la version originale japonaise de 1982, Esteban ne disait pas "Chimu", mais "inca". Plus intéressant dans le cadre de cet article, Sancho ne disait pas "Nathalia", mais "maman" quand il enlace Pedro. Son rêve à l'origine n'était donc pas érotique. Il l'est devenu lors du redoublage de la série en 1998. 

Dans l'adaptation française, on ne distingue plus ce que dit Sancho, affaiblissant le comique de la situation. Quand au plan où il se réveille avec Pedro, il a été purement et simplement coupé.
Du coup, la scène est moins drôle.


Après avoir attaqué par des requins, les personnages continuent à dériver, sans but, à bord du radeau. A ce moment-là, les français ont coupé un morceau de la scène.
Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder une 3ème vidéo de l'épisode 4 :


Dans la version originale japonaise, Sancho et Pedro se plaignent (comme d'habitude !). Puis, on voit Esteban parlait de son père à Zia. C'est une scène très simple au niveau de l'animation, mais on peut voir un petit détail intéressant : dans le fond, Mendoza se tourne quand Esteban évoque son père. Ce détail peut nous laisser penser qu'il s'intéresse à la conversation.
Quoiqu'il en soit, Esteban dit que son père a dû dériver comme lui. Mais ce qui est remarquable est qu'il rajoute vouloir se battre plus que lui. Cette réplique peut paraître anodine, mais elle est très importante. Elle fait écho à une des dernières phrases que lui dira son père 35 épisodes plus tard : "Pour grandir, un fils doit aller plus loin que son père." (épisode 39).

Dans l'adaptation française, Sancho et Pedro ne se plaignent plus. A la place, les français ont mis la conversation d'Esteban et de Zia. Ainsi, cette échange n'a plus droit à des plans rapprochés et on ne voit plus le soucis du détail dans l'animation de Mendoza.
Mais surtout, la conversation est écourtée et la phrase d'Esteban sur la combativité a disparu. Les changements opérés par les français donnent l'impression qu'ils ont voulu expédier cette conversation.




Cette coupe a certainement été décidée pour une question de rythme. D'ailleurs, les français trouvaient la fin de l'épisode tellement calme qu'ils ont fait ajouté une scène d'action. Cette scène n'existe pas dans la version originale. C'est une attaque de requin. Pour être précis, c'est la deuxième attaque de requins dans cet épisode, ce qui est un peu redondant.

Je n'en ai pas fait de vidéo, car vous pouvez voir cette scène dans vos DVDs. L'illustration ci-dessous vous montre quelques plans qui la composent :




 Les français ont fait un dernier changement de montage, comme vous avez pu le voir dans l'article sur les cliffhangers.
Cet épisode, réalisé par Ryo Tachiba, ne fait pas partie des meilleurs de la série. Mais il est dommage que certains passages intéressants aient été perdus dans l'adaptation...

mercredi 19 juin 2013

Episode 1 ou les scènes coupées ou remontées par les français

ATTENTION !
Les extraits de la version japonaise de cet article ne sont pas tirés de la version originale diffusée en 1982 au Japon. Ils proviennent de la version japonaise de 1998 dont la bande son a été réenregistrée.
En ce qui concerne un des extraits de cet article, on peut noter une différence entre les deux versions. Elle est relevée dans l'article.


Quand les français sont arrivés sur le projet des Cités d'Or, les japonais étaient déjà en train de produire 6 épisodes de la série.
Les français ont retouché le montage de ces épisodes comme nous l'avons vu précedemment.
Dans cet article, nous allons voir les changements qu'ils ont effectué sur le premier épisode de la série.

La première différence se situe juste après le générique de début.
Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder ce premier extrait :

 

Dans la version originale japonaise, la première scène n'est pas faite en animation. Un vrai bateau a été filmé dans la tempête. C'est un moyen pour Hisayuki Toriumi, le réalisateur, d'encrer son histoire dans le réel. La frontière entre fiction et réalité est amenuisée et on peut penser que l'histoire que l'on va voir s'est vraiment produite.
La carte a la même utilité en plaçant l'action dans un lieu existant. Bien sûr, elle aide aussi les japonais à situer l'Espagne.
Pour revenir sur les images de tempête, elles intriguent forcément et promettent son lot d'aventures.
Pour quelqu'un qui a déjà vu la série, elles peuvent rappeler les épisodes qui se passent dans le détroit de Magellan et la fameuse tempête durant laquelle le père d'Esteban confie son bébé à Mendoza.

Une voix off nous situe l'action comme dans un livre d'histoire en nous parlant de Christophe Colomb. Mais très vite, on nous parle d'or. La voix off insiste sur le nombre de personnes qui souhaitaient partir chercher de l'or dans le Nouveau Continent.
Comme les images, ce texte est là pour planter l'histoire. Mais les scénaristes japonais, Mitsuru Kaneko et Mitsuru Majima, l'ont écrit de façon à nous faire croire que cette histoire pourrait être véridique. Et en même temps, c'est une promesse d'aventures.

Dans la version originale de 1982, l'introduction était plus longue. La voix-off commençait par nous rappeler les croyances des gens de l'époque, avant que Christophe Colomb ne découvre l'Amérique. Ils pensaient que la terre était plate, que l'eau s'écoulait sous forme chutes d'eau au bout du monde et que des monstres préhistoriques peuplaient les océans. Pour illustrer ces propos, il y avait des images d'éruptions volcaniques et de dinosaures qui ont été coupées de la version de 1998.  

Dans l'adaptation française,
cette scène d'exposition a été coupée et le texte de la voix off réduit au minimum. Les français avaient déjà coupés les images réelles présentes dans le générique de début. Peut-être qu'ils n'aimaient pas l'idée de mélanger réalité et dessin animé (bien que le générique de début mélange personnages animés et décors réels).




Juste après cette première scène, on nous présente Esteban. L'enfant sort sous la pluie pour se rendre dans une taverne. Cette scène a été remontée.
Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder ce deuxième extrait. ATTENTION ! L'image de gauche et le son provient de la version japonaise.


La différence entre les deux versions est minime.

Dans l'adaptation française, la scène est plus longue. Elle comporte de longs plans, notamment le dernier qui nous montre la taverne.

Dans la version originale japonaise, la scène est moins longue. Ce qui est remarquable, c'est qu'avec les mêmes plans, mais coupés et mélangés, on a l'impression qu'Esteban parcourt un plus grand chemin. C'est typique de l'animation japonaise dont un des principes est d'utiliser le moins d'animation possible pour le plus d'efficacité possible.
Ainsi, dans la version japonaise, on ne voit pas simplement Esteban traverser toute une partie de la ville, mais on le ressent.




Arrivé à la taverne, Esteban assiste à un pitch de Pedro et Sancho sur la cité d'or. Les français ont fait rallonger cette scène.
Les deux personnages n'arrivent toujours pas à convaincre les ivrognes de la taverne. Par contre, on voit qu'Esteban les écoute avec attention.
Je n'en ai pas fait de vidéo, car vous pouvez voir cette scène dans vos DVDs. L'illustration ci-dessous vous montre les 4 plans qui la composent :




De suite après la présentation de Pedro et Sancho, une personne importante entre dans la taverne. Elle vient offrir une récompense à ceux qui trouveront Esteban.
Pour voir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de regarder ce troisième extrait :


Dans l'adaptation française, les plans d'Esteban ont été coupés. En fait, ils ont été utilisés pour la scène précédente que les français avaient rallongée. Ainsi, on reste tout ce temps, au milieu des adultes, sans voir Esteban.

Dans la version originale japonaise, on voit toute la scène à travers les yeux d'Esteban. L'enfant est intrigué par cette personne qui parle de lui. Le téléspectateur l'est aussi car il apprend à ce moment-là du "pouvoir" d'Esteban. Mais le plus intéressant est à la fin, quand il se cache. Hisayuki Toriumi, le réalisateur, nous fait partager la peur du personnage.
Au final, vue à travers le regard d'Esteban, la scène devient plus intéressante pour le téléspectateur et propose même un moment de tension.

 
Cet article arrive à sa fin. Les français ont fait d'autres changements de montage, mais je les ai déjà abordé. Dans un premier article dédié au son, j'avais parlé de la scène dans laquelle Mendoza attends Esteban sur le port. La fin de l'épisode a également été changé comme vous avez déjà pu le voir dans l'article sur les cliffhangers.
Au vu de ces changements, on peut regretter que les français aient retouché cet épisode qui fonctionnait très bien sans ça. Quoiqu'il en soit, j'espère que vous aurez apprécié découvrir un peu plus du travail du réalisateur en chef de la série : Hisayuki Toriumi.


lundi 6 mai 2013

Cliffhangers ou comment les français ont préféré des fins heureuses

ATTENTION !
Les extraits de la version japonaise de cet article ne sont pas tirés de la version originale diffusée en 1982 au Japon. Ils proviennent de la version japonaise de 1998 dont la bande son a été réenregistrée.
En ce qui concerne les extraits de cet article, il n'y a pas de différence notable entre les deux versions. 




Quand les français sont arrivés sur le projet des Cités d'Or, les japonais étaient déjà en train de produire 6 épisodes de la série.
Les français ont retouché le montage de ces épisodes.


Nous avons déjà vu dans un article consacré à la bande son, comment les français ont changé le montage d'une scène de l'épisode 1.
Dans cet article, je vais uniquement m'attarder sur les changements de montage que les français ont effectué sur la fin des épisodes.

Pour savoir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose plusieurs vidéos dans cet article.
Attention ! Toutes ces vidéos ne sont composées que d'extraits. Les scènes de fin sont beaucoup plus longues en réalité, mais j'ai préféré n'en garder que l'essentiel pour ne pas alourdir l'article.



Ceci étant dit, pour savoir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de voir la fin du 1er épisode dans les deux versions :



A la fin du 1er épisode, Esteban apeuré s'approche d'une caisse qui bouge toute seule. Après un petit suspense, Zia en sort comme un diable de sa boîte.

Dans la version originale japonaise, l'épisode se termine par cet événement étonnant. Comme son héros, le téléspectateur est surpris et se demande : Pourquoi Zia est-elle prisonnière et qui l'a emprisonnée ?
Le réalisateur Hisayuki Toriumi clôt l'épisode avant de donner des réponses. Son but est de frustrer le téléspectateur pour le pousser à regarder le prochain épisode.
C'est ce qu'on appelle un cliffhanger.

Dans la version française, l'épisode continue après cette scène, avec des images qui n'existent pas dans la version japonaise. Sur le pont du bateau, Mendoza regarde le soleil se lever et, dans la cale, les deux enfants observent les nuages qui prennent des formes de sculptures incas.
La scène est poétique, mais elle s'enchaîne mal avec la précédente. En effet, il y a quelques instants, Esteban était effrayé en découvrant une jeune fille ligotée qu'il ne connaît pas. Maintenant, il est tout à fait calme et, au lieu de poser des questions à Zia, il va regarder le ciel avec elle. Le téléspectateur assiste donc à une scène sans aucun rapport avec ce qu'il attendait.
Pire encore, le téléspectateur peut se poser de nouvelles questions : Pourquoi les enfants voient-ils ces formes dans les nuages et que signifient-elles ?
Et pour ces questions, il ne trouvera pas de réponse en visionnant l'épisode suivant.




Pour savoir ce que nous avons encore perdu dans l'adaptation, je vous propose de voir la fin du 4ème épisode dans les deux versions :



Dans cet épisode, les héros de la série ont dérivé plusieurs jours sur un radeau.

Dans la version originale japonaise, l'épisode se termine au moment où les personnages aperçoivent l'île de Tao. D'étranges créatures, des iguanes, apparaissent pour les accueillir.
Cette mise en scène inquiétante indique au téléspectateur que nos héros sont loin d'être sortis d'affaire et que cette île est pleine de dangers. C'est encore un cliffhanger.


Dans la version française, le cliffhanger japonais a été coupé. A la place, les français ont mis le début de l'épisode suivant avec les personnages qui arrivent sur l'île. Ils ont d'ailleurs ajouté un plan de danse qui n'existe pas dans la version japonaise et qui clôt la version française.
Cela donne une fin heureuse, ce qu'on appelle en anglais "happy ending" (et non pas "happy end").




Pour savoir ce que nous avons perdu dans l'adaptation, je vous propose de voir la fin du 5ème épisode dans les deux versions :



Dans l'épisode 5, Tao a enlevé Zia. Parti à sa poursuite, Esteban se retrouve finalement dans la cabane du kidnappeur.

Dans la version originale japonaise, l'épisode se termine au moment où Tao menace de tuer Esteban. C'est un des meilleurs cliffhangers que l'on puisse faire. En mettant le héros face à un danger de mort, le réalisateur donne à coup sûr au téléspectateur l'envie de voir le prochain épisode.

Dans la version française,
l'épisode continue après le cliffhanger. Les français ont mis à la suite le début de l'épisode suivant. Tao se calme et Esteban s'explique. Finalement, ils mangent des fruits en rigolant.
C'est encore une fin heureuse.



Les 6 premiers épisodes de la série se terminent tous par des cliffhangers en version japonaise. 3 d'entre eux ont été modifiés par les français.
Les cliffhangers conservés sont celui de l'épisode 2 (l'arrivée dans le terrible détroit de Magellan), celui de l'épisode 3 (la dangereuse tornade qui approche) et celui de l'épisode 6 (la découverte du fantastique bateau de Mu).
Ce sont les cliffhangers les plus anxiogènes et les plus violents qui ont été transformés en fin heureuses. Les français ne voulaient certainement pas finir des épisodes sur une note trop inquiétante pour les enfants.





MAIS ENCORE...

A partir du 7ème épisode de la série, les français ne modifient plus le montage des épisodes. Quand ils veulent faire des changements, ils se mettent d'accord avec les créateurs japonais. Ainsi, il n'y a plus qu'un seul montage par épisode.

D'après les réalisateurs français chargés de l'adaptation, Bernard Deyriès et Edouard David, les changements qu'ils ont demandés étaient peu nombreux. Ils consistaient à accélérer le rythme des épisodes, à censurer ce qui aurait pu choquer les enfants et à supprimer la plupart des cliffhangers.
Seuls certains cliffhangers ont été conservés comme, par exemple, celui de l'épisode 17 (la découverte du Grand Condor) ou celui de l'épisode 37 (l'ouverture de la Cité d'Or).





A la semaine prochaine !

Et n'hésitez pas à me poser des questions sur l'adaptation de la série dans les commentaires ou en m'écrivant à cette adresse : lmcd.perdudanslatraduction@gmail.com